huile sur bois 22 x 35
Paysage Breton
Signé en bas à gauche
Cadre montparnasse 

Maurice Grün 1869 - 1947

€850.00Price
  • Grün Maurice né à Reval en Estonie 1870 - Paris 1947

    Il n'y eut pas que des peintres de la mer à Concarneau. De nombreux artistes avaient d'autres sources d'inspiration. Grün est de ceux qui ont choisi les scènes d'intérieurs. La connaissance de son œuvre a été éclairée par une exposition présentée par la Galerie de le Poste à Pont-Aven en juillet 1987. Le Benezit, dictionnaire des peintres et des sculpteurs, note qu'il peint des portraits d'intérieurs," mais c'est surtout par ses effets de clair de lune qu'il s'est fait apprécier ". Dans " Les petits maîtres de la peinture ", Gérald Shurr le classe pami les portraitistes. Il signale qu'après ses études à l'Ecole des Beaux-Arts à Munich, puis à l'Académie Julian à Paris, il se rend aux Etats-unis en 1894, au Brésil en 1885 tout en exposant au salon de Paris depuis 1893.

    , chassé d'Esthonie par les persécutions antisémites tsarites, arrive vers 1903-1904 à Concarneau. Il demande et obtient sa naturalisation vers 1910. Il s'installe rue Amiral Courbet. Mme Le Roux, alors fillette, se souvient: " Mme et M.Grün formaient un couple charmant. Lui, pas très grand, moustachu, portait un feutre à larges bords Comme Le Gout-Gérard. Elle, pas très jolie femme devait être de Pont-Aven ". Monsieur Philippe Grün, petit fils du peintre, signale qu'au contraire, son grand père a enlevé et embarqué pour l'Angleterre Mathilde Yvonne Caudan, fille de Corentin, marin, et de Marie Anne Le Dez, servante. Ils se sont mariés à Londres en octobre 1901. Comme Alexis Vollon qui travaillait dans un atelier à quelques pas dans la même rue, li s'était spécialisé dans les scènes de genre si nombreuses au Salon. Ces images bretonnes de tricoteuses, tisserand, repasseuse, lingère, intérieurs rustiques, il les a peintes avec habileté dans une pâte onctueuse et une touche enlevée. Il se joue de la lumière éclairant la table ou quelque objet typique, caressant un visage avant de mourir dans la pénombre. Il adore les contre-jours. Peinture intimiste, traditionnelle voire parfois académique, elle est aussi témoignage apprécié dans la région pour la nostalgie qu'elle engendre. Après 1914, Grûn, parisien, peint le canal Saint-Martin sur le modèle impressionniste assagi et reprend régulièrement le thème breton dans une description très colorée. Le luministe fait place au coloriste. L'effet décoratif remplace la recherche réaliste et poétique. Grün aime les verts acidulés faisant chanter les roses. Peu à peu, il remplace les intérieurs et exploîte les effets lunaires dans le paysage. Cela lui vaut un regain d'appréciation. A partir de 1936-37 il est malade, sa production diminue. Il meurt à Paris en 1947.